Tante Jeanne et le téléphone d’Estrosi

Le Ficanas : – Bonjour ma tante. Tu vas bien ?

Tante Jeanne : – Tiens, le babatchou de neveu. Comment veux-tu que ça aille ; ils vont me couper le téléphone !

Le Ficanas : – Le téléphone ? Tu n’as pas payé ?

Tante Jeanne : – Mais si, j’ai payé, si tu ne payes pas c’est aiga e pan, vida de can. Mais non, ce sont les amis.

Le Ficanas : – Les amis ? Je ne comprends rien.

Tante Jeanne : – T’es un badagou, tu ne comprends jamais rien. Aujourd’hui ce sont les amis qui te font couper le téléphone.

Le Ficanas : – Tes amis vont te faire couper le téléphone ?

estrosi ciotti LA GUERRE Noir

Tante Jeanne : – Tu connais l’Estrosi et Ciotti ? Des amis de trente ans, eh bien le petit il a fait couper le téléphone du grand. Il ne paye plus les factures…

Le Ficanas : – Il n’y a plus de téléphone à la mairie ?

Tante Jeanne : – Pas à la mairie, au parti.

Le Ficanas : – C’est vrai ils sont tous les deux membres de Les républicains. C’est Estrosi le président dans le département.

Tante Jeanne : – Et c’est Ciotti le trésorier qui signe les chèques. Eh bien le député il ne veut plus signer les chèques du téléphone du président. Des amis de trente ans qui s’emboucanent, qué vergogna !

Le Ficanas : – Ils sont dans le même parti mais ils ne sont plus amis : il y en a un qui tire à droite et l’autre qui tire à droite aussi… Mais pas la même droite !

Tante Jeanne : – Et c’est pas tout ! Il ne veut plus payer pour l’entretien de sa photocopieuse. Il lui a monté la boufaïsse au Ciotti. A croire que le cagnard de novembre c’est plus dangereux que celui d’août !

Le Ficanas : – Tu te souviens de Chirac et Balladur ? Eux aussi des amis de trente ans…

Tante Jeanne : – Sans être marida lenga, tu me connais, tu sais ce qui s’est passé chez les footeux ? Il y avait une réception sur la nouvelle terrasse de l’OGC Nice.

Le Ficanas : – Je sais, j’y étais.

Tante Jeanne : – Et il y avait qui à coté de toi ?

Le Ficanas : – Les anciens joueurs, les journalistes et les élus. Mais c’est vrai il y avait Ciotti !

Tante Jeanne : – Et bèstia que tu es t’as pas compris ? Vous vous étiez en bas avec Ciotti et l’Estrosi était en haut avec les autres. Il n’est plus président du département, alors on le met avec les bordilles…

Le Ficanas : – Merci pour les bordilles !

Tante Jeanne : – Faï tira le Ficanas. Les deux niocous, ils vont s’entretuer d’ici 2020. Piha garda, ça va mal finir la guéguerre.

Le Ficanas : – Mais j’ai pas compris pourquoi on va te couper le téléphone ?

Tante Jeanne : – Tu connais Fine, mon amie ? Toi tu ne manges pas chez elle, mais elle est incapable de faire correctement une pissaladière : immangeable ! Alors, histoire de la faire boquer, je l’ai dit dans tout le quartier…

Le Ficanas : – C’est malin, une amie… Et pourquoi comment peut-elle te faire couper le téléphone ?

Tante Jeanne : – Elle va coucher avec un mec de chez Orange, tu vas voir. Elle a toujours couché d’ailleurs…

Le Ficanas : – Mais elle a 75 ans ! Et elle va te faire couper le téléphone parce qu’elle fait de la pissaladière estoufa gari ?

Tante Jeanne : – Tu es un stassi mais tu as peut-être raison. Tu vois où ils nous mènent les niocous de la politique niçoise ? En galère !

Propos recueillis par Christian Gallo © Le Ficanas ®

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Tante Jeanne et l’Euro à Nissa.

Tante Jeanne : – Ah le neveu ! Fa mi une baieta.

Le Ficanas : – Volontiers ma tante, mais pour quoi tout est fermé ? Tu vis dans le noir ? Il y a un deuil ?

Tante Jeanne : -Que babatchou, Je suis là, je ne suis pas morte… Non je me prépare.

Le Ficanas : – A ton enterrement ?

Tante Jeanne : – Adiéou baraca, tu es vraiment comme ton père. Aussi stasi que lui. Mais non je ne répète pas mon enterrement. Je me prépare pour lundi prochain, le 27.

Le Ficanas : – Et c’est pour cela que tu vis dans le noir, tout fermé, alors qu’il commence à faire beau ?

Tante Jeanne : – Tu es sûr que tu travailles dans un journal ? Toi l’information ça t’effleure ! Tu as regardé la façade de l’immeuble en venant ?

Le Ficanas : – Oui j’ai vu qu’il y avait des tacons au troisième. Ah mais c’est chez toi ?

Tante Jeanne : – Atchidentè, il commence à comprendre ! J’ai fait fermer les fenêtres avec des planches pour que l’on ne puisse pas entrer chez moi.

Le Ficanas : – Et le syndic il t’a laissé faire ?

Tante Jeanne : – Ah, le balourdin ? Bien sûr il est venu ; il m’est monté la boufaïsse et je l’ai mis dehors. Ce babi il ne fait pas la différence entre un immeuble et un chef-d’œuvre en péril.

Le Ficanas : – C’est quoi le chef-d’œuvre en péril ?

Tante Jeanne : – C’est moi, babatchou ! Tu ne pensais pas sérieusement que je répétais mon enterrement ? C’est moi le chef d’œuvre en péril. T’imagine Nissa au calme, sans personne pour faire lever la tête à tous ces caga-bleas ? Si moi je ne dénonce pas, qui va le faire ?

Le Ficanas : Pour ça je te fais confiance. Mais je ne vois pas le rapport entre les fenêtres fermées par des planches, le syndic, le 27 juin…

Tante Jeanne : – Tu continues et tu vas obtenir le tavan d’or. Il se passe quoi le 27 ?

Le Ficanas : – Attends, je regarde sur mon téléphone : ah ! C’est la saint Fernand.

Tante Jeanne : – O Cristo ! Il est pire que son père ; que veux-tu que ça me fasse la saint Fernand ? J’en connais pas des Fernand, ils sont tous morts. Mais non, niocou, ce sont les huitièmes de finale de l’Euro dans le méga-stade de l’Estrosi.

Le Ficanas : – Tu t’intéresses au football maintenant ?

Tante Jeanne : – M’en batis du football. Mais un huitième de finale, on va être envahi.

Le Ficanas : – Ah oui, c’est comme les autres fois, ça va boucher la circulation dans toute la ville…

Tante Jeanne : – Ca je m’en fous je n’ai pas de voiture. Mais avec leurs calculs de résultats, de poules, de buts… Il risque d’y avoir les Anglais ! Tous des ouliganes…

Le Ficanas : – Tu veux dire des Hooligans ?

Tante Jeanne : – C’est ça, des bastardons qui boivent de la bière tiède. Quand ils sont saouls, avec un coup de cagnard par-dessus, ils deviennent méchants, calus, ils s’emboucanent puis deviennent fadas. Alors, à ce moment-là ils s’attaquent à tout !

Le Ficanas : – Ils ne vont pas grimper sur la façade de l’immeuble jusqu’au troisième étage ! Ce ne sont pas des Spiderman !

Tante Jeanne : – Et qui va les empêcher ? La Municipale ? Eux ils font tourner la sirène sur l’avenue pour que la pizza arrive encore chaude… Et le millier de caméras ce sera pour constater, après, que j’ai été occise. Porca misèria, si je survis à cette journée, je ne te dis pas ce qu’ils vont prendre ceux qui ont organisé cette cagade d’Euro.

Le Ficanas : – Ah mais tu as déjà commencé, ma tante.

Tante Jeanne : N’oublie pas le neveu que l’aiga que coure noun s’arresta óu mourre.

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Tante Jeanne et les législatives à Nice

Tante Jeanne : – Té le babatchou, Tu vas bien ?

Le Ficanas : – Ca va ma tante. Mais tu fais quoi là ?

Tante Jeanne : – Les bagages.

Le Ficanas : – C’est bien tu pars en vacances ?

Tante Jeanne : – En vacances ? Avec ce qui se passe à Nissa ? Tu es vraiment un badagou. On se demande ce que tu fais dans ton journal.

Le Ficanas : – Mis à part la mosquée volante, c’est calme en ce moment à Nice.

Tante Jeanne : – C’est calme ! Rien qu’à voir ton air de barbalucou, on voit que tu ne travailles pas. Tu ne sais pas que l’Estrosi il a démissionné ?

Le Ficanas : – De la mairie ?

Tante Jeanne : – Mais non pas de la mairie ; à la mairie il ne sait pas qui mettre à sa place. Ils doivent être entrain de s’entretuer. Non de député, il cumulait. Il se décarcasse depuis des années pour tout faire tout seul, il a fini par s’emboucaner…

Le Ficanas : – Ah, mais ça on le sait. C’est l’autre rataillon qui doit se marrer…

Tante Jeanne : – Sian béou, et alors tu ne réagis pas ? Il va y avoir des élections. C’est pour ça que je pars en voyage.

Le Ficanas : – Mais c’est à Nice les élections !

Tante Jeanne : – Moi je vais à Vichy avec Fine.

Le Ficanas : – Ah vous allez faire une cure ?

Tante Jeanne : – Fine en aurait besoin, elle mais l’aiga que coure noun s’arresta óu mourre. Mais non c’est pour la politique : Marine fait un meeting à Vichy !

Le Ficanas : – Ah bon ? Elle retourne aux fondamentaux ? Je ne le savais pas. C’est son père qui va être content. Ce n’est pas Marion ? A viei cat jouvi rateta.

Tante Jeanne : – Non, c’est Marine, celle qui est présentée par l’Estrosi.

Le Ficanas : – Mais non ma tante, tu te fais monter le Cristou pour rien. Ce n’est pas la Le Pen, c’est Marine Brenier, une niçoise.

Tante Jeanne : – Qué niçoise. C’est qui ?

Le Ficanas : – Elle a 29 ans et c’est l’adjointe d’Estrosi depuis deux ans et elle est aussi conseillère départementale.

Tante Jeanne : – Et elle veut être député en plus ? Elle cumule à son âge ? De mon temps on mettait vingt ans pour avoir tout ça. Maintenant ça boulègue vite, t’as à peine le temps de naître que tu es délégué de classe et à 18 ans tu es élu à la mairie. Mais qu’ès aquèou ta Marine ?

Le Ficanas : – C’est une fille de dentistes. Elle a fait des études à la fac de droit, mais elle a échoué à un concours de la fonction publique.

Tante Jeanne : – Pauvres parents. Tu sais c’est comme dans toutes les familles, tu en as toujours un qui rate tout. Alors on lui faire de la politique, faut bien qu’il gagne sa vie. Regarde toi, si on ne t’avait pas laissé écrire tes cagades, tu ferais quoi dans la vie ? Roumpé bala et rien d’autre.

Le Ficanas : – Elle est mignonne la petite.

Tante Jeanne : – Atchidenté, encore heureux qu’elle soit mignonne. T’imagines qu’elle soit moche ? L’Estrosi il ne choisi jamais les moches. Elle ne pourrait pas passer à Azur télévision ; fini la propagande… Elle sait parler au moins ?

Le Ficanas : – Ici, oui. A l’assemblée on verra.

Tante Jeanne : – Que lenga a, a Paris va…*

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

* Avec une bonne langue on va loin…

Tante Jeanne et le mariage estrosien

Le Ficanas : Bonjour ma tante!

Tante Jeanne : Té, le babatchou! Comment vas-tu mon neveu ?

Le Ficanas : Ça va ma tante; j’ai une grande nouvelle à t’annoncer.

Tante Jeanne : Atchidenté ! Balourdin comme tu es, je m’attends au pire.

Le Ficanas : Ça va te faire plaisir. Mais, ça va te coûter des sous…

Tante Jeanne : A paire aquistaire, enfant acabaire. Mais je ne suis pas encore morte mon neveu !

Le Ficanas : Mais non ! Pas autant que ça. Un cadeau tout simplement. La nouvelle c’est que je vais me marier!

Tante Jeanne : La pauvre ! Il y en a une qui a voulu; propi ? Un rascleux comme toi?

Le Ficanas : C’est Magali, la fille de Fine.

Tante Jeanne : Tu m’étonnes ! Fine elle avait déjà épousé un falabraque (Dieu ait son âme) et la fille elle fait pareil, elle te marie toi… Et alors les novi, vous faites ça où ?

Le Ficanas : A la mairie principale, au Vieux-Nice.

Tante Jeanne : Ah c’est pas un mariage alors, c’est un enterrement… Pas même un caga bléa viendra. La mairie c’est le no mans land matrimonial maintenant. Va te marier ailleurs !

Le Ficanas : Pourquoi tu dis ça ? On va faire les mariolles, on va chanter la miéu belle Nissa, quelques pétards, un drapeau niçois…

Tante Jeanne : T’es un babachou. T’as pas lu la charte d’Estrosi ?

Le Ficanas : Quelle charte ?

Tante Jeanne : Pas de cris, pas de sifflets, pas de drapeaux, pas de groupes folkloriques, pas le droit de stationner, pas de danses, pas de parade… Et avant t’amène Magali signer avec toi, sinon, pas de mariage !

Le Ficanas : Tu plaisantes ?

Tante Jeanne : Ah non, pas du tout. Tu vas te marier et puis quand tu sors tu tires le mourré. Allez, sois pas un Stassi, va te marier ailleurs! À Nice, il y a plus que les testa d’anchuga qui y vont !

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ® – 20 juin 2012

Tante Jeanne et les vidéos-amendes.

Tante Jeanne : Ah mon neveu tu tombes bien.

Le Ficanas : Oui ma tante, bonjour. Que puis-je pour toi ?

Tante Jeanne : Demain c’est l’anniversaire de Mietà. Ce n’est pas que cela me fait plaisir, elle a cinq ans de moins que moi, mais elle en paraît dix de plus…

Le Ficanas : Et alors ?

Tante Jeanne : Tu vas m’accompagner chercher les fleurs, prendre les chocolats chez Auer et aussi tu vas m’arrêter cinq minutes chez l’esthéticienne. Juste pour pendre une crème, rien d’autre.

Le Ficanas : Ah; ben non, ce n’est pas possible.

Tante Jeanne : Comment ce n’est pas possible. Tu veux que je te déshérite ? Que badagou tu fais !

Le Ficanas : Ce n’est pas ça. C’est à cause d’Estrosi, il a installé les vidéos amendes.

Tante Jeanne : Les quoi ?

Le Ficanas : Tu te rappelles les trois cents caméras qu’on a payées pour arrêter les voleurs ?

Tante Jeanne : J’avais dit qu’elles ne serviraient à rien ! D’ailleurs il y en a qui ont tagué des croix gammées sur la façade de la mairie et les caméras n’ont rien vu !

Le Ficanas : Méfi, maintenant, elles servent à mettre des amendes quand tu te gares en deuxième position : 36 euros !

Tante Jeanne : Sian béou ! Les caméras qu’on a payées vont servir à nous prendre des sous ? Mais on vit où ?

Le Ficanas : A Nice ! Donc si je t’amène faire tes courses, chaque fois que je vais m’arrêter, je vais payer 36 euros. Ça va faire cher les fleurs et le chocolat !

Tante Jeanne : Surtout pour Mietà… Mais dis moi, c’est fait pour éviter que l’on stationne en deuxième position ?

Le Ficanas : C’est ça.

Tante Jeanne : Mais alors, si tu restes dans la voiture et que le moteur tourne, tu n’es pas en stationnement ? Tu es arrêté…

Le Ficanas : Je crois que le code de la route fait la différence.

Tante Jeanne : Donc comment elle va faire la caméra, elle, pour faire la différence ? Elle enregistre le bruit des moteurs ? Avec tout le babazouk qu’il y a dans la rue ?

Le Ficanas : Tu ne vas pas te faire des copains, ma tante…

Tante Jeanne : M’en bati des copains ! À mon âge, tu as à peine le temps de les faire qu’ils meurent six mois après ! Allez, zou le neveu, boulégue, on va faire les courses !

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Tante Jeanne et la nouvelle Marianne.

Le Ficanas : Bonjour ma tante. Ça va bien ?

Tante Jeanne : Fai-mi une baieta. J’ai besoin de toi. Tu vas me faire une photo.

Le Ficanas : Bien sur, tu refais tes papiers d’identité ?

Tante Jeanne : Pour quoi faire ? Il y a longtemps que je n’en ai plus. Pour que ces badagous m’arrêtent dans la rue pour me les demander ? Mais non , ce n’est pas pour cela.

Le Ficanas : C’est pour draguer sur le web ?

Tante Jeanne : Le ouébe, le ouébe. On voit bien qu’il y a ton journal avec ses cagades dessus. Non c’est pour Estrosi.

Le Ficanas : Tu vas lui envoyer ta photo ?

Tante Jeanne : Eh oui, il fait un concours pour changer la Marianne de la salle des mariages. Il vire Brigitte Bardot. Alors, je candidate !

Le Ficanas : Pour devenir la nouvelle Marianne ?

Tante Jeanne : Bèstia ! Ce n’est pas pour la mettre au-dessus de son lit. Il en a déjà une dedans… Je veux devenir la Marianne de la salle des mariages. Il faut envoyer sa photo, un jury sélectionne et les caga-bléas, ils votent après.

Le Ficanas : Et tu crois que tu as une chance ? Je t’aime bien ma tante, mais quand même…

Tante Jeanne : Faï tira, j’ai tous les critères qu’ils demandent : un visage un peu neutre (C’est mon cas, je ne vote ni à droite, ni à gauche, ni au centre et je ne fais jamais le mourré), et des lèvres ni trop minces, ni trop grosses. Je ne me suis jamais fait collagener moi, comme toutes les sartaïas que tu vois à la télé.

Le Ficanas : Et c’est tout ?

Tante Jeanne : Il faut être né à Nice. Ils ne vont pas mettre une française quand même !

Le Ficanas : Pourtant Marianne… Bref, il n’y a pas de critère d’âge ?

Tante Jeanne : Oui ! Je corresponds : de 18 à 25. Je tombe pile dedans !

Le Ficanas : Tu as moins de 25 ans ?

Tante Jeanne : Non, ne soit pas un stassi, je suis née en 1924 ! Je suis dedans !

Le Ficanas : Mais non c’est de 18 à 25 ans !

Tante Jeanne : Atchidenté, c’est du racisme anti-vieux ! Eh bien je voterai pas pour lui, Estrosi, la prochaine fois !

Le Ficanas : Mais tu ne peux pas voter tu n’as plus de papiers !

Tante Jeanne : Tourne vire, vire tourne, mon vote moral a plus de poids que ton bout de papier !

Cagades recueillis par Christian Gallo © Le Ficanas ®

Tante Jeanne et le métro.

Tante Jeanne : Ah tu es là ?

Le Ficanas : Oui ma tante, quoi de neuf ?

Tante Jeanne : J’ai peur mon neveu, j’ai peur…

Le Ficanas : Encore ? Ce sont les cow-boys ?

Tante Jeanne : Non, c’est le tramway !

Le Ficanas : Tu l’as pris une seule fois pour aller de la Libération à Nice-Etoile ! Je n’ai jamais d’ailleurs compris pourquoi !

Tante Jeanne : Pour porter des gâteaux que j’avais achetés. D’ailleurs ils sont arrivés tout esquichés. C’est pour cela que je ne le reprends pas. Mais ce n’est pas la ligne 1 qui me fait peur. Je m’y suis faite à celle-là. C’est la ligne 2.

Le Ficanas : Elle n’est pas encore construite.

Tante Jeanne : Oui mais tu as vu, une partie sera souterraine. Ce n’est plus un tramway, c’est un métro. De Grosso jusqu’à Arson il faudra caler, ce sera tout en souterrain, et moi ça fait quatre-vingts ans qu’on me dit qu’on ne peut pas le faire à Nice à cause de la nappe phréatique. Dès qu’on creuse, on est dans l’eau. Et qui c’est qui va pomper les pieds dans le batchas ?

Le Ficanas : On a construit le tunnel sous la Manche, il ne prend pas l’eau !

Tante Jeanne : Oui ! mais nous on a les tremblements de terre. Ça va casser le tuyau…

Le Ficanas : Attends, tu as défilé, chaque fois, pour qu’il n’y ait pas le tramway sur la Promenade, et maintenant qu’ils ne le font plus tu râles encore ?

Tante Jeanne : Tourne vire, vire tourne. Je manifestais parce que Estrosi et le journal ils disaient que la majorité des niçois étaient pour le tramway sur la Promenade. Donc il faut bien qu’il y en ait qui soient contre !

Le Ficanas : Et maintenant ?

Tante Jeanne : Maintenant je suis contre le fait qu’on me transforme mon tramway en métro. Moi je n’irai pas dans les souterrains. Toui saben doun venen ma saben pa doun aneren. Je suis une bastian-countrari et fière de l’être !

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Tante Jeanne et le Taser

Le Ficanas : Bon, ma tante, tu ne sors plus !

Tante Jeanne : Comment je ne sors plus ? Je ne vais pas rester enfermée à la maison ? Tu as vu la chaleur ?

Le Ficanas : Dis-moi, on t’a bien posé un pacemaker il y a deux ou trois ans ?

Tante Jeanne : Atchidenté ! Je me sens bien depuis, j’en étais arrivée à un point où je n’avais même plus envie de dire du mal ! Depuis ça va, j’ai repris la forme.

Le Ficanas : Ca s’est vu, et surtout entendu. Tout Nice est au courant. Eh bien, justement, tu ne sors plus maintenant.

Tante Jeanne : Propi, il est malade ce petit ! Tu ne crois pas que je vais me contenter de ton ouébe ? Moi je dois voir du monde.

Le Ficanas : Trop dangereux, ils ont livré cinquante Taser à la Municipale.

Tante Jeanne : Le pistolet aux rayons qui tuent ? Il y a déjà eu 260 morts avec ce truc, je l’ai lu dans le nouvel Obs.

Le Ficanas : Pour ceux portent un pacemaker c’est imparable ! Les trois-quart du temps, ils y restent.

Tante Jeanne : Il est malade Estrosi. Il ne va pas quand même donner ça à ces paillassous. Déjà qu’ils font les cow-boys à fond la caisse en voiture sur les rails du tramway ! Tu traverses l’Avenue, tu te méfies. Tu regardes que le tram, il n’arrive pas, tu attends le coup de sonnette. Et là tu vois une voiture qui clignote, à fond la caisse, qui te fonce dessus : les cow-boys !

Le Ficanas : Ils poursuivent des bandits.

Tante Jeanne : Qué bandits ! Il y a personne devant. Non ! Ils remontent la socca de chez Pipo à toute vitesse pour qu’elle reste chaude ! Maintenant avec le pistolet à rayons, ils vont nous faire estartreque.

Le Ficanas : C’est quoi ça ?

Tante Jeanne : Mais oui le film où ils ont des rayons pour se battre. Adiéou baraca, pour carnaval j’avais préparé un costume d’indienne, je ne le mettrai pas. D’ici qu’ils me prennent en otage… C’est quand même terrible de vivre dans la ville la plus dangereuse de France !

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ® – 12 juillet 2009

Tante Jeanne, le pif et le flair.

Tante Jeanne : – Ah tu es là ! Ils ne t’ont pas mis en prison ?

Le Ficanas : – Pourquoi voudrais-tu que j’aille en prison ?

Tante Jeanne : – Tu n’as pas lu « 20 minutes » ?

Le Ficanas : – Non, mais quel rapport avec moi ?

Tante Jeanne : – Ce qu’il a dit Estrosi : « La police agit au flair, pas au pif ! ». Avec le nas que tu te trimballes, je me suis dit ce babatchou ils me l’ont mis à la rue de la Gendarmerie.

Le Ficanas : – Je sais, le Ficanas ça veut dire celui qui met son nez partout. Je ne suis pas le seul à sentir les choses, la preuve, la police aussi.

Tante Jeanne : – Oui mais ton nez, ce n’est pas un nez mon petit, c’est un pic, c’est un cap, que dis-je : un cap ? C’est une péninsule !

Le Ficanas : – Tu ne vas pas me refaire Cyrano !

Tante Jeanne : – Oh ! Faï tira, moi je disais cela pour te rendre service. Une police qui travaille au pif. Tu te rends compte ?

Le Ficanas : – Justement, Estrosi il a dit qu’elle travaillait au flair.

Tante Jeanne : – Et ça sent quoi ? La bordille, comme dans le vieux-Nice ? Mais il fait quoi Estrosi ? L’autre jour tu me dis qu’il était devenu le ministre de la ministresse de l’industrie

Le Ficanas : Il fait tout. Il est ministre délégué, député-maire de Nice, président de la cuncaracha. Ah ! il n’est plus au Conseil Général.

Tante Jeanne : – Ah bon ? Il était encore à Saint-Etienne de Tinée ? Alors, ils ont fait les élections ?

Le Ficanas : – Non. C’est sa suppléante qui l’a remplacé, Caroline Murris.

Tante Jeanne : – Et c’est qui ta Murris ?

Le Ficanas :- Une belle femme de trente ans. Elle vient d’avoir une petite fille. Son père, il était déjà conseiller municipal à Saint-Etienne de Tinée.

Tante Jeanne : – Ah bon. C’est une affaire de famille. Ne le répète pas, mais on dit des Corses. Hé bien, balin-balan, on est aussi bon qu’eux. Chez nous, les politiques, ils ont le sens de la famille.

Bon, tout cela ça ne me rassure pas pour ton pif. D’être un Ficanas, c’est dangereux. Tu continues et ils vont t’exiler à Blausasc.

Le Ficanas : – Mais je ne dis du mal de personne !

Tante Jeanne : – Toi non ! Mais moi oui ! Mèfi, tu devrais être un peu moins niocou. Quand on est une marida lenga, ça se transmet dans les gènes.

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Nice : Tante Jeanne a peur.

Le Ficanas : Alors Tante Jeanne qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu ne sors plus ? C’est la santé ?

Tante Jeanne : Mais non mon neveu, la santé ça va ! C’est la peur !

Le Ficanas : La peur de quoi ? Tu as été menacée ?

Tante Jeanne : Non, tant que je suis à la maison, je ne crains rien. Mais si je sors, avec tout ce qui se passe… Je me fais tout livrer, je me calfeutre.

Le Ficanas : Mais il se passe quoi ?

Tante Jeanne : Les bandes de voyous qui déferlent sur la ville, il y en a partout. Tu ne peux plus aller dans les rues. Moi, à mon âge, je ne cours plus comme avant. S’ils me coincent, je suis foutue. Tu as écouté, le Président, Le Maire ? Ils essayent de faire quelque chose, mais ils ne peuvent pas mettre un policier derrière chaque bastardon quand même !

Le Ficanas : Mais Estrosi il rajoute six cents caméra à Nice !

Tante Jeanne : Et alors ? Qui va regarder les écrans ? Un babatchou qui va regarder le cul des touristes sur la Promenade ? Un falabreaque qui attend le coup de canon pour se faire une anisette ? Et comment il va regarder six cents écrans en même temps ?

Le Ficanas : Là, tu es de mauvaise foi.

Tante Jeanne : Qué de mauvaise foi, qu’est-ce qu’il en a à foutre d’une pauvre vieille comme moi qu’il ne connaît même pas ! Je n’ai pas fait la estaraque moi ! Ne parle plus de ça tu me fais monter le cristou !

Et mon petit-neveu, tu es au courant ?

Le Ficanas : Non. Qu’est-ce qu’il a fait ?

Tante Jeanne : Kevin (où ils sont allés chercher un nom pareil !), c’est un pantaï, enfin c’est ce que je croyais. Eh bien, maintenant, pour aller à l’école, il va devoir passer sous un portique pour détecter les métaux qu’il a sur lui ! Un compas, et hop ! On l’embarque ! Babatchou comme il est, on va l’embarquer tous les jours. Sa mère, elle va passer sa vie à aller le chercher à Auvare !

Le Ficanas : Mais non ! Ce sont des détecteurs de métaux pour éviter que l’on fasse renter des armes à l’école !

Tante Jeanne : Tu vois qu’ils ont des armes dans les écoles ? Et tu veux que je sorte avec une maternelle à l’angle de la rue ? Arrête de me faire bisquer. Tu sais bien que c’est devenu dangereux de sortir. Même les gamins qui s’y mettent ! Propi, qu’ils collent un flic derrière chaque gamin pendant qu’ils y sont !

Le Ficanas : Justement, Estrosi il a dit qu’il allait créer une « brigade de prévention en milieu scolaire au sein de la police municipale ». Il a dit qu’il voulait sanctuariser l’école.

Tante Jeanne : Qué sanctuarisé ? Il ne va pas faire des saints de tous les niocous qui traînent dans les écoles ! Ils ne vont pas nous faire des sanctuaires aqui d’aïa. Déjà que les églises sont vides, ils vont finir par vider les écoles.

Le Ficanas : Le Maire, il veut faire de Nice « un laboratoire national de la sécurité ».

Tante Jeanne : Écoute, je t’aime bien, mais change le titre de ton journal. Ne met pas le ficanas, met le stassi ou le ravi. Tu vois pas qu’on est entrain de te rouler dans la farine mon neveu ? Tu vas finir par ressembler à une merda de can. Si je ne sors pas, c’est pas parce que j’ai peur de me faire attaquer, c’est parce qu’il me monte la boufaïsse à les voir faire leur cinéma ! Le cinéma c’est à Cannes, pas à Nice. Tu veux que je dise, tourne vire, vire tourne, je n’aime pas le film !

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®