Tante Jeanne fait son mea culpa.

Le Ficanas : – Bonjour ma tante, ça boulégue ?

Tante Jeanne : – Oh le neveu, sois un peu poli ou je te déshérite. Allez, fai-mi une baieta, il faut que je te parle.

Le Ficanas : – Oui ma tante, qu’est qui t’arrive ?

Tante Jeanne : – Je regarde les informations à la télévision et il n’y a que des morts depuis le début de l’année.

Le Ficanas : – Toi, tu as une forme olympique !

Tante Jeanne : – Fais pas le babatchou, ce n’est pas ça le problème ; ensuite ils passent leur temps à faire des hommages. Plus tu regardes la télé, plus tu vieillis…

Le Ficanas : – Eh bien ne regarde plus la télé !

Tante Jeanne : – Et tu veux que je fasse quoi le soir ? Je vais aller me promener dans les rues de Nissa, d’aqui d’aïa ? Il n’y a plus un chat dans les rues à part les cowboys et leurs gyrophares. Non, je regarde quand même la télé. Et là il me monte la boufaïsse.

Le Ficanas : – Sian béou, tu veux refaire la télé ?

Tante Jeanne : – Mais non, mais tous les soirs tu vois ceux qui nous ont cassé les pieds pendant des années et qui font la propagande pour leurs livres. Tous ces stassis ils nous font repentance… Le mea culpa généralisé. Ils regrettent, ils regrettent…

Le Ficanas : – Il faut bien qu’ils les vendent leurs bouquins.

Tante Jeanne : – Justement, je vais faire pareil. Je suis en train d’écrire « Jeanne fait son mea culpa ». Tourne vire, vire tourne, il n’y a pas que ces roumpé bala qui vont nous les casser !

Le Ficanas : – Ca te va bien de dire ça ! Et ce sera quoi tes « mea culpa » ? Ca va intéresser qui ?

Tante Jeanne : – Déjà toute la rue. Ils passent leur temps ces stassis à dire du mal de moi, en cachette, comme ça ils vont être passionnés par ce que je pense d’eux.

Le Ficanas : – Et tu vas faire amende honorable pour quoi ?

Tante Jeanne : – Exemple : en 39, 1939, j’ai loupé ma pissaladière. Je n’avais plus de pissalat alors j’ai mis de la crème d’anchois. J’avais invité Fine et son niocou du moment. Tellement niocou tous les deux qu’ils ne se sont rendus compte de rien. Alors je me repens.

Le Ficanas : – C’est tout ?

Tante Jeanne : – Attends ! Tu te souviens d’Honoré ? Eh bien il m’avait demandé ma main. Propi, tu m’aurais vu devenir l’épouse de ce pantaî ? Il est devenu adjoint au maire après…

Honoré Bailet

Le Ficanas : – Il est même devenu maire !

Tante Jeanne : – T’imagine la honte ? Moi avec un falabraque à la mairie. Là j’y ai échappé belle. Et ce n’est pas tout !

Le Ficanas : – Et là tu te repens aussi ?

Tante Jeanne : – Si tu veux. Je me repens de ne lui avoir pas dit plus tôt qu’il était un falabraque… Mais il y a mieux. Tu sais le président-président-député-maire ? Une fois je passe derrière la villa Masséna et il sort pour monter dans sa voiture avec ses gardes du corps. Je passe à ce moment là.

Le Ficanas : – Ils t’ont sauté dessus ?

Tante Jeanne : – Deux simèques et ça se serait arrêté. Non, le président-président-député-maire, il me tend la main pour me dire bonjour. Un réflexe de politique surement.

Le Ficanas : Et tu regrettes de lui avoir serré la main ?

Tante Jeanne : – Ah non ! J’ai retiré ma main et je lui ai dit « Casse toi pauvre con ! ».

Le Ficanas : – Et tu habites encore Nice après un coup pareil ?

Tante Jeanne : – Eh, le neveu, ne fais pas monter le Cristou ; je suis niçoise de parents niçois. Je ne suis pas une fille d’immigrés français. On ne me vire pas comme ça.

Le Ficanas : Immigrés italien, pas français.

Tante Jeanne : – Je vais te dire, moi je croyais lui faire plaisir au président-président-député-maire, c’est un langage courant dans son parti. L’exemple venait de haut, de celui à qui il doit tout. Ce n’était pas méchant…

Le Ficanas : – C’est vrai, il peut marcher ton bouquin. Tu en as d’autres comme ça ?

Tante Jeanne : – Dau bouon, tu ne t’imagines pas que je me contente de ça ? Tu te souviens en 2010 quand l’Estrosi il avait mis des panneaux sur les caméras en menaçant les gens de 3 ans de prison et 45.000€ d’amende si on les dégradait ?

Le Ficanas : – On avait fait un papier là-dessus parce que les gens avaient écrit « laissez-nous pisser tranquille »

Tante Jeanne : – Et bien j’y suis allée. Rassure toi je ne suis pas allée pisser sur la caméra, non, j’ai amené le chien et il en a fait au moins une dizaine. J’ai pris la photo et je l’ai postée sur le ouebe. Vu que le chapacan ça n’existe plus, il s’est régalé !

Le Ficanas : En réalité ta repentance, tes mea culpa, n’existent pas. Tu veux seulement que l’on te considère comme une marida lenga et tu n’as aucune contrition, pas comme Sarkozy ou Copé.

Tante Jeanne : – T’es un niocou mon neveu ; tu crois qu’ils se repentissent encore de quelque chose ? Mais non, ils essayent de récupérer les miettes d’une gloire passée pour mieux rebondir. N’oublie jamais que cadun es couma li sieu acioun lou fan marit couma la rougna, o bouon couma lou pan*.

Propos recueillis par Christian Gallo pour Ressources – © Le Ficanas ®

 

* Chacun est comme ses actions le font : mauvais comme la gale ou bon comme le pain.

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