Tante Jeanne et l’enveloppe de Liliane.

Le Ficanas : Bonjour ma tante!

Tante Jeanne : Té, le babatchou! Comment vas-tu mon neveu ?

Le Ficanas : Ça va ma tante et toi?

Tante Jeanne : Comme les vieilles, tu sais avec la crise, j’attends que ça passe.

Le Ficanas : On n’est pas prêt d’en sortir… Dans vingt ans peut-être!

Tante Jeanne : T’inquiètes, dans vingt ans je serais toujours là…

Le Ficanas : Je te fais confiance ma tante, mais tu ne vas pas à Paris par hasard ?

Tante Jeanne : Que lenga a, à Paris va. Il y a le téléphone aujourd’hui. T’es pas au courant? Tu veux quoi?

Le Ficanas : Tu es toujours en contact avec ton amie Liliane?

Tante Jeanne : Ah! Elle rajeunit pas. Je l’ai vue à la télévision, elle a pris un de ces coups de vieux… Tu lui veux quoi à Lili?

Le Ficanas : D’abord que tu la remercies pour l’enveloppe.

Tante Jeanne : Ah elle continue? Elle n’est pas rachou. C’est gentil ça.

Le Ficanas : Oui mais le problème c’est qu’elle ne met que des billets de 500.

Tante Jeanne : De quoi tu te plains?

Le Ficanas : Va essayer d’acheter un paquet de cigarettes avec 500€. Le buraliste, il te fait une attaque, il n’en a pas vu depuis des années. C’est partout pareil!

Tante Jeanne : J’en ai une fourre de cette époque. On ne te donne rien, tu rougnes, on te donne, tu rougnes aussi. Tout es amar per cu a de fel en la bouca. Mieux vaut lui foutre la paix à Liliane. Avec la fille qu’elle a !!! Je ne vais pas l’emboucaner pour les centaines de milliers d’euro qu’elle t’a refilé.

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Tante Jeanne et les élections.

Le Ficanas : Bonjour ma tante. Ces élections sont enfin finies. Tu es allé voter ?

Tante Jeanne : Eh bien non. Pour la première fois de ma vie, je n’y suis pas allé. Ce ne sont pas ces babatchous qui m’ont convaincu. J’ai fait comme la majorité, je suis restée à la maison.

Le Ficanas : Ca ne te ressemble pas ça. C’était important.

Tante Jeanne : Pas vraiment. Regarde les résultats, il y a encore moins de votant que la dernière fois dans le département. La majorité de droite arrive en tête, les socialo-écolos en second et le Front National en troisième. Tourne vire, vire tourne, c’est exactement comme la dernière fois en 2004.

Le Ficanas : Tu as raison, ça ne change pas beaucoup.

Tante Jeanne : Et puis, quand tu les vois à la télé, ils sont tous content. Au bout de cinq minutes il te monte la boufaïsse. Heureusement depuis on a eu la TNT et il y a autre chose à regarder. Ils nous prennent pour des badagous. Hier soir, il y a même eu la femme d’Estrosi qui a dit que nous ne comprenions rien à ce vote ! Elle aurait dû le dire avant, pas après…

Le Ficanas : Cela m’a marqué moi aussi.

Tante Jeanne : Sian Béou, qu’est-ce qu’on a à foutre de cette région à Marseille ? C’est pas chez nous. Ils ne sont pas nissarte. Ce sont des voleurs !

Le Ficanas : N’exagère pas !

Tante Jeanne : Toi tu ne vois rien. Chaque fois que tu envoies cinq euros à Marseille, il t’en revient deux euros cinquante. Ce n’est pas parce que je ne suis pas allé voter que je ne regarde pas le budget. Les impôts, je les paye, moi !

Le Ficanas : C’est la solidarité entre des parties de la région plus pauvre et les plus riches.

Tante Jeanne : Qué solidarité ! On n’a jamais voté pour entrer dans cette région-là ! Déjà qu’on se retrouve dans un département où la moitié des habitants, ce sont des provençaux…

Le Ficanas : Oui, mais là on a voté pour l’annexion en 1860 !

Tante Jeanne : Et c’est pas ce qu’on a fait de mieux. Triste anniversaire… Il y a des jours, je me demande si tu es vraiment nissarte ! Tu dois avoir des gènes pas très catholiques…

Le Ficanas : Oh !

Tante Jeanne : Pardon ! Pas très orthodoxes. Tu veux que je te dise ?

Le Ficanas : De toute façon, tu vas le dire.

Tante Jeanne : Moi, la Région, m’en bati…

Propos recueillis par Christian Gallo – © Le Ficanas ®