Tante Jeanne et le doggy-bag.

Tante Jeanne : – Ah le babatchou de neveu. Tu vas bien ?

Le Ficanas : – Oui, ma tante ça va, je suis passé te faire une baieta.

Tante Jeanne : – Ça c’est gentil. Tu es entrain de ficanasser dans Nice ?

Le Ficanas : – Oui, c’est calme, mis à part le trambalan et le cornet de glace en plastique d’Aillagon, pas grand chose. Mais c’est quoi ces grands sacs dans l’entrée ?

Tante Jeanne : – Atchidenté, tu ne devines pas ? Ce sont des doggy-bags.

Le Ficanas : – De cette taille ? Tu veux vider une cantine ?

Tante Jeanne : – Mais non balourdin, tu sais bien qu’ils ont voté une décision qui fait que chaque fois que tu vas au restaurant, si tu n’as pas fini, le restaurateur doit te mettre les restes dans un doggy-bag. 

Le Ficanas : – Comme ça si tu n’as pas fini tu termines le reste le soir à la maison.

Tante Jeanne : – C’est ça : tu manges un stockfisch à midi, tu le trimballes avec toi, tu sens le stockfisch toute la journée et le soir tu en manges encore. Tu bois toute la nuit !

Le Ficanas : – Il n’y a pas que le stockfisch ?

Tante Jeanne : – T’as raison le bastian-countrari, Tu manges une daube, tu embarques les restes, le doggy-bag il fuit, ça coule sur la robe, tu prends la boîte et tu balargues le tout dans la poubelle en passant. Puis tu rentres te changer et tu files chez le teinturier… Afamegat noun vóu de sauça.

Le Ficanas : – Ça permet de faire des économies quand tu vas au restaurant. Tu ne gaspilles pas.

Tante Jeanne : – Arrête de me faire bisquer. Tu me fais monter le Cristou ! Si tu es rapia, tu ne vas pas au restaurant, tu manges à la maison.

Le Ficanas : – C’est clair, tu n’en veux pas…

Tante Jeanne : – J’ai pas dit cela. Mais attends. Je mange à Garibaldi, j’ai pas fini. On me fait un doggy-bag que je dois me trimbaler que j’en ai une stoufia ; je descends à Sainte Rita porter un cierge ; sur Saleya je rencontre Fine , tu la connais elle parle, elle parle ; en plus tu ne comprends rien parce qu’elle mastégue quand elle parle parce que son dentier ne tient pas. Paraula longhi fan lu jou court.

Le Ficanas : – Je ne vois pas le rapport…

Tante Jeanne : – Cinq minutes le balourdin, je continue : j’arrive au bout de Saleya, je fais une baïeta à Fine, je passe aux Galeries faire une course. N’oublie pas que j’ai toujours le doggy-bag à la main. Je sors et sous les arcades d’acqui d’aïa je rencontre forcément quelqu’un. 

Le Ficanas : – Et ?

Tante Jeanne : – Et j’ai toujours cette bordille de doggy-bag à la main. Il est dix-neuf heures et tu veux que je mange ce qu’il y a dedans ? Tu veux me voir mourir ? Hein c’est ça ? Tu veux aller me voir à Pasteur ?

Le Ficanas : – Mais non ma tante, mais non. Mais a quoi servent ces doggy-bags géants dans l’entrée ?

Tante Jeanne : – Ce sont des doggy-bags politiques. Tu vas à un meeting politique. Ça te gaves. Tu t’embarques le mec qui a fait le discours dans le doggy-bag et puis tu le jettes dans la déchetterie. Tu vois niocou, avec le doggy-bag géant au lieu d’empoisonner Nice, je la nettoie.

Cagades recueillies par Christian Gallo © Le Ficanas ®

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Tante Jeanne, Calèna et la vierge.

Tante Jeanne : – Ah le neveu, tu tombes bien !

Le Ficanas : – Ca va ma tante ? On prépare les fêtes ?

Tante Jeanne : – Justement, ça va pas. Il faut que tu me trouves une vierge.

Le Ficanas : – Une vierge ? Tu as les affaires de sexe de la télé qui te travaillent ?

Tante Jeanne : – T’es vraiment un balourdin ; tu me parles de Calèna et bien, pour le 24, il me faut une vierge. L’ainée de la famille, moi, je dois donner un tison au plus jeune pour qu’il allume le feu dans la cheminée. C’est le cacha-fuèc.

Buooni calèna

Le Ficanas : – Mais tu n’as pas de cheminée dans l’appartement !

Tante Jeanne : – Qué babatchou : je sais que je n’ai pas de cheminée. On fait ça devant le radiateur. Je donne un plumeau à la vierge qui le secoue entre les fentes du radiateur ! Et puis ne fais pas le bastian-countrari comme ton père ; essaye d’avoir de l’imagination… De toute façon tout cela c’est ta faute !

Le Ficanas : – Mèfi, je sens que la boufaïsse elle va monter ! Ma faute !

Tante Jeanne : – Eh oui balourdin, si tu avais fait des gosses j’aurais des petits neveux pour allumer le feu de Calèna. Maintenant je suis obligé de trouver une vierge ailleurs !

Le Ficanas : – Demande à Fine, elle a deux ou trois nièces.

Tante Jeanne : – On voit que tu ne viens pas souvent. Depuis quand tu ne les as pas vu ses nièces ?

Le Ficanas : – Deux ou trois ans…

Tante Jeanne : – Propi t’es un vrai balourdin. Tu crois qu’elles t’ont attendu pour ne plus être vierges ? Elles sont comme leur tante Fine quand elle a quitté la maison : Chanjamen de gabia, rejouissènça de passeroun. Sa sœur c’était pareil !

Le Ficanas : – Bon, si je te trouve ta vierge, elle vient, elle secoue le plumeau et c’est fini ?

Tante Jeanne : T’es nissarte toi ? Ce n’est pas possible. Après on asperge le radiateur avec quelques gouttes de Bellet en souhaitant recommencer l’année prochaine : à l’an que ven, se sian pas mai que siguen pas mens.

Le Ficanas : – Et là c’est fini ?

Tante Jeanne : – Ah non. Il y a lou gros soupà, sans viande, qu’avec des légumes. Et ensuite vous bouléguez tous à sainte Rita pour la messe. Cette année j’ai choisi Sainte Rita car toi et ta famille vous êtes une cause désespérée.

Le Ficanas : – Couvre toi bien pour aller jusqu’à Sainte Rita : Decembre pilha e rende ren.

Tante Jeanne : – Mais moi je ne viens pas. Je regarde la messe à la télé.

Le Ficanas : J’ai compris tu vas rester pour préparer la table : les trois nappes, les pots avec les lentilles, les treize desserts…

Tante Jeanne : – Tu barjaques le neveu ! Les lentilles je les ai plantées le 4 à la Sainte Barbe, elles ont poussé. Les trois nappes, faut les laver ensuite… Quant aux desserts, tu ne crois pas que je serais monté à la Libération avec ce froid ? Non, après, vous vous rentrez chez vous. Moi je reste avec ma télé et l’assiette pour lou paure.

Le Ficanas : – Ah tu attends un SDF ou un réfugié ?

Tante Jeanne : – Mais non, je mets l’assiette du pauvre parce que c’est la tradition. Je laisserai un bout de fougasse ou de pain dedans ; ça me servira pour le petit-déjeuner du 25 avant qu’il soit rassis.

Le Ficanas : – Ce n’est pas très gai tout ça !

Tante Jeanne : – Comment c’est pas gai ? Ouvre la fenêtre et tu vas voir : ça clignote tout le temps. L’autre il a dépensé 900.000 euros pour que ça scintille ; je n’arrive plus à dormir !

Le Ficanas : – Et c’est nous qui allons payer !

Tante Jeanne : – En attendant va me chercher ma vierge. Coura si voù, si poù. Et je t’attends le 24 le neveu !

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Tante Jeanne victime de l’inclusive.

Le Ficanas : – Ah, ma tante, ça va ?

Tante Jeanne : – Tè le neveu. Ca va, tu te fous de moi ? Je me suis faite attaquée.

Le Ficanas : – Attaquée ? Tu es blessée, tu es tombée ?

Tante Jeanne : – Attaquée, j’ai pas eu une badole, mais attaquée !

Le Ficanas : – Raconte.

Tante Jeanne : – Ce matin je monte à la Libé faire le marché. Je prends le trambalan pour redescendre. Tu sais que je me lève toujours à la station d’avant pour ne pas louper celle où je descends.

Le Ficanas : – Et…

Tante Jeanne : – Arrivée à la station, il y a un babatchou comme toi, avec la casquette en plus, una gougourda sous la casquette, qui me bouscule, me marche sur un pied et descend avant moi !

Le Ficanas : – Et c’est tout ?

Tante jeanne : – Ca te suffit pas ! T’es vraiment comme ton père, un falabraque… Tu me connais, il me monte la bouffaïsse et je lui dis « Oh le babi » ! Ce rascleux il se retourne et me fait un doigt d’honneur.

Le Ficanas : – He bien, quand tu prends le trambalan c’est une aventure.

Tante Jeanne : – Tu me croiras ou pas, j’en étais toute retournée. Alors je suis allée chez Fine, elle avait fait de la polenta ; une catastrophe. Poulenta dura counserva la creatura, poulenta mouola la descounsouala. Je l’ai encore sur l’estomac.

Le Ficanas : – Je comprends plus rien : quel rapport entre le trambalan et la polenta de Fine ?

Tante Jeanne : – Fine elle m’a raconté : j’ai été victime de l’inclusive !!!

Le Ficanas : – – Ca va pas ma tante, tu as le girou-girou. L’inclusive c’est l’écriture inclusive. Toi tu as pris le tramway !

Tante Jeanne : – Oh le babatchou calme toi. Elle m’a expliqué, ils veulent tout féminiser.

Le Ficanas : – Oui dans l’écriture. Si tu dis « Emmanuel et Brigitte sont heureux », c’est pas bon. Tu dois dire « Emmanuel et Brigitte sont heureuses ».

Tante Jeanne : – Ah, alors Emmanuelle, c’est une femme.

Le Ficanas : – Mais non je te parle du président et de sa femme. Autre exemple plus simple « Christian et Laura sont heureuses ». Voilà.

Tante Jeanne : – Estrosi il a changé de sexe ?

Le Ficanas : – Mais non mais tu dois accorder avec le dernier nom, Laura. Le masculin ne l’emporte plus.

Tante Jeanne : – Ah, et bien Fine elle a raison. Elle n’est pas aussi ensuquée que ça. C’est l’inclusive. Un homme et une femme sont à égalité. Donc le rascleux qui me marche sur le pied il a raison, car il ne doit pas me laisser passer. Ah elle est belle la France ! T’imagine ton oncle (Dieu ait son âme) qui aurait osé me passer devant ? Il se serait reçu un coup de baroutou de quoi l’ensuquer pour deux jours.

Le Ficanas : – Mais c’est pas sûr qu’on l’applique cette orthographe.

Tante Jeanne : – Encore heureux. Tu veux que je te dise ? C’est une mal baisée qui a eu cette idée. Pas possible ; dans la vie l’homme il travaille et il gagne des sous et la femme elle reste à la maison et elle prend des amants…

Le Ficanas : – Tu as fait ça ? Mais non, aujourd’hui les deux travaillent. Ils ne peuvent pas faire autrement. En plus tu as des membres de l’académie qui sont d’accord…

Tante Jeanne : – Des niocou, des pantaîs, des testards. Ils veulent passer à la télé, c’est pour ça. Deux simèques à chacun et je te remets le pays en marche. Tantout’un m’encalàvi je te changerais déjà Nissa moi. Les hommes ils travaillent et les femmes elles font les boutiques sur l’Avenue. Et c’est tout.

T’imagine, s’ils continuent comme ça il vont nous mettre une femme à la tête de la mairie ! Avec des stassis pareils tout peut arriver. Sil y en a une qui peut prendre le fauteuil de l’Estrosi, c’est moi ! Aujourd’hui ancuei s’embrassoun, deman d’amassoun. Moi ? Ils n’oseront pas !

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Tante Jeanne et le téléphone d’Estrosi

Le Ficanas : – Bonjour ma tante. Tu vas bien ?

Tante Jeanne : – Tiens, le babatchou de neveu. Comment veux-tu que ça aille ; ils vont me couper le téléphone !

Le Ficanas : – Le téléphone ? Tu n’as pas payé ?

Tante Jeanne : – Mais si, j’ai payé, si tu ne payes pas c’est aiga e pan, vida de can. Mais non, ce sont les amis.

Le Ficanas : – Les amis ? Je ne comprends rien.

Tante Jeanne : – T’es un badagou, tu ne comprends jamais rien. Aujourd’hui ce sont les amis qui te font couper le téléphone.

Le Ficanas : – Tes amis vont te faire couper le téléphone ?

estrosi ciotti LA GUERRE Noir

Tante Jeanne : – Tu connais l’Estrosi et Ciotti ? Des amis de trente ans, eh bien le petit il a fait couper le téléphone du grand. Il ne paye plus les factures…

Le Ficanas : – Il n’y a plus de téléphone à la mairie ?

Tante Jeanne : – Pas à la mairie, au parti.

Le Ficanas : – C’est vrai ils sont tous les deux membres de Les républicains. C’est Estrosi le président dans le département.

Tante Jeanne : – Et c’est Ciotti le trésorier qui signe les chèques. Eh bien le député il ne veut plus signer les chèques du téléphone du président. Des amis de trente ans qui s’emboucanent, qué vergogna !

Le Ficanas : – Ils sont dans le même parti mais ils ne sont plus amis : il y en a un qui tire à droite et l’autre qui tire à droite aussi… Mais pas la même droite !

Tante Jeanne : – Et c’est pas tout ! Il ne veut plus payer pour l’entretien de sa photocopieuse. Il lui a monté la boufaïsse au Ciotti. A croire que le cagnard de novembre c’est plus dangereux que celui d’août !

Le Ficanas : – Tu te souviens de Chirac et Balladur ? Eux aussi des amis de trente ans…

Tante Jeanne : – Sans être marida lenga, tu me connais, tu sais ce qui s’est passé chez les footeux ? Il y avait une réception sur la nouvelle terrasse de l’OGC Nice.

Le Ficanas : – Je sais, j’y étais.

Tante Jeanne : – Et il y avait qui à coté de toi ?

Le Ficanas : – Les anciens joueurs, les journalistes et les élus. Mais c’est vrai il y avait Ciotti !

Tante Jeanne : – Et bèstia que tu es t’as pas compris ? Vous vous étiez en bas avec Ciotti et l’Estrosi était en haut avec les autres. Il n’est plus président du département, alors on le met avec les bordilles…

Le Ficanas : – Merci pour les bordilles !

Tante Jeanne : – Faï tira le Ficanas. Les deux niocous, ils vont s’entretuer d’ici 2020. Piha garda, ça va mal finir la guéguerre.

Le Ficanas : – Mais j’ai pas compris pourquoi on va te couper le téléphone ?

Tante Jeanne : – Tu connais Fine, mon amie ? Toi tu ne manges pas chez elle, mais elle est incapable de faire correctement une pissaladière : immangeable ! Alors, histoire de la faire boquer, je l’ai dit dans tout le quartier…

Le Ficanas : – C’est malin, une amie… Et pourquoi comment peut-elle te faire couper le téléphone ?

Tante Jeanne : – Elle va coucher avec un mec de chez Orange, tu vas voir. Elle a toujours couché d’ailleurs…

Le Ficanas : – Mais elle a 75 ans ! Et elle va te faire couper le téléphone parce qu’elle fait de la pissaladière estoufa gari ?

Tante Jeanne : – Tu es un stassi mais tu as peut-être raison. Tu vois où ils nous mènent les niocous de la politique niçoise ? En galère !

Propos recueillis par Christian Gallo © Le Ficanas ®

Tante Jeanne et la constipation du trambalan.

Le Ficanas : – Bonjour ma tante, ça va ?

Tante Jeanne : – Tiens le babatchou de neveu ! Eh oui, moi ça va, je ne suis pas constipée.

Le Ficanas : – Ah ! Et c’est bien alors ?

Tante Jeanne : – Bien sûr que c’est bien ; les femmes, surtout en vieillissant, elles se constipent tout le temps. Moi non ! Ce n’est pas comme cette pauvre Nissa !

Le Ficanas : – Nice est constipée ?

Tante Jeanne : – Tu es vraiment un barbalucou ; et tu te dis journaliste, mais tu n’écoutes rien, tu ne vois rien. Tu as entendu parler des travaux du trambalan ?

Le Ficanas : – Oui, comme tout le monde, ça avance…

Tante Jeanne : – Mais non justement ça n’avance pas ! Ils essayent de bombarder dans le tunnel, mais il est constipé. Tu as entendu parlé du girou-girou qui fait le trou ?

ATTENTION TRAMBALAN noir

Le Ficanas : – Ton girou-girou c’est le tunnelier. Il a été baptisé Catherine en hommage à Catherine Ségurane.

Tante Jeanne : – Elle ne faisait pas des trous la Ségurane, elle tapait avec son baroutou sur la tête des turcs ! Enfin passons. Ton « tunnelier » il est coincé. Lou maire, l’Estrosi, il avait dit, en 2008, que la ligne deux ouvrirait en 2013 ; Maintenant on parle uniquement d’une ligne deux et trois mélangées qui ouvriront peut-être fin 2019.

Le Ficanas : – Mieux vaut tard que jamais.

Tante Jeanne : – Fin 2019 ? Toi ça ne te remue pas, niocou ? En 2020, il y a les municipales et il veut faire la nique au petit agité du bocal qui est devenu député : Bouona moutria es miech gouvern.

Le Ficanas : – Bon en attendant on aura le tramway.

Tante Jeanne : – Pas sûr ! Porca misèria, le girou-girou il fait un bouchon et il constipe le tunnel. Chaque fois qu’il bouge t’as un bout de la rue qui s’effondre ; la rue de France on dirait du gruyère, ils ne peuvent plus le sortir. Et tu as peut-être entendu dire que sous le tunnel il y a du schiste ?

Le Ficanas : – Je ne vois pas le rapport !

Tante Jeanne : – Le schiste ça fait du gaz, le fameux gaz de schiste. Le gaz il va monter dans le tunnel et un beau jour, Vierga Santa, bang ! Ca explose. Alors le girou-girou qui est au bout, il va partir en vol plané au dessus de Nissa, et j’ai calculé atterrir au Cadam. Je sais t’es un ensucat de nature, mais imagine l’engin qui va tout détruire. Et il y a qui au Cadam?

Le Ficanas : – Le préfet ?

Tante Jeanne : – Men bati du préfet ; des préfets il y en a d’autres. Il y a surtout Pinou, ton cousin, le fils de Fine. Sian béou, ça va lui tomber sur la tête.

Le Ficanas : – Ah bon il travaille au Cadam?

Tante Jeanne : – Eh oui, ça c’est un bon fils, son père était à la préfecture, sa mère au conseil général. Il est fidèle à la tradition familiale.

Le Ficanas : – Et il fait quoi ?

Tante Jeanne : – Que stassi, il fait rien, comme ses parents… C’est un tavan d’or, mais quand même c’est la famille, c’est ton cousin.

Le Ficanas : – Et tu as une solution ma tante ?

Tante Jeanne : – Si ce n’est pas moi qui a une solution qui en aurait une ? Longui parlota fan li journada courti, alors il faut agir : on ferme le tunnel.

Le Ficanas : – Mais ça coute 770 millions la cagade !

Tante Jeanne : – Oui mais on rentabilise : on fait des champignonnières. Des champignons de Paris comme ils aiment les Français. Dans un siècle ou deux on aura rentabilisé le tunnel.

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Tante Jeanne et la guerre municipale

Le Ficanas : – Ah ma tante, ça va bien ?

Tante Jeanne : – Et qu’est ce que tu veux que ça aille ? J’ai le bati bati à cause des municipales.

Le Ficanas : – Les municipales ? Mais c’est en 2020 ! Dans trois ans !

Tante Jeanne : – Justement on a trois ans à tirer et ça va être le batchas pendant trois ans. Que veux-tu, moi, les deux amis de trente ans qui s’emboucanent tous les jours, ça me fait monter le Cristou.

Le Ficanas : – Calme-toi, ce n’est que de la politique : tu en as un grand et un petit, une fois c’est l’un et l’autre fois c’est l’autre.

Tante Jeanne : – Tu as mis le doigt dessus. Tu connais le fils de Ricco ? Mais oui le menuisier… Ils sont menuisiers de père en fils dans cette famille ; ils ne savent rien faire d’autre.

Le Ficanas : – Pas grave, mais quel rapport entre les deux et le menuisier ?

Tante Jeanne : – Eh bien le fils de Ricco, il en a une fourre. C’est lui qui a construit la salle du conseil municipal au parking. Il a suivit les plans de l’Estrosi.

Le Ficanas : – Et alors ?

Tante Jeanne : – Quand l’Estrosi est parti à Marseille, il lui a fait raboter son pupitre pour être au niveau du maire provisoire, le barbu.

Le Ficanas : – Pradal.

Tante Jeanne : – Propi. Maintenant il est redevenu maire. Alors toute la mairie se demande s’il va faire remonter le bureau comme avant. Mounta-cala, mounta-cala, le fils de Ricco, il a la stoufia.

Le Ficanas : – Il s’en fout, il est payé pour le faire. Et c’est ça qui te provoque le bati-bati ? Une histoire de menuiserie ?

Tante Jeanne : – T’es vraiment un ensuqué comme ton oncle. Toi c’est l’immédiat qui t’intéresse avec ton journal sur le ouebe. Tu ne vois pas loin ou tu ne veux pas voir. C’est un avenir dramatique qui nous attend le neveu.

Le Ficanas : – A cause de taille du bureau du maire ?

estrosi ciotti LA GUERRE Noir

Tante Jeanne : – Tu es un balourdin ; tu as déjà vu Ciotti ? Eh bien il veut la place d’Estrosi en 2020…

Le Ficanas : – Tout le monde le sait !

Tante Jeanne : – Et il mesure combien ? A peine plus que l’autre que l’on a eu comme président agité du bocal.

Le Ficanas : – Sarkozy.

Tante Jeanne : – C’est çà. Alors tu le sais, les petits qui ne sont pas très balèzes, ils ont la bambane. Alors, lui, il risque de faire remonter le bureau à des hauteurs démesurées.

Le Ficanas : – Il n’est pas comme ça !

Tante Jeanne : – La barba noun fa lou sapient e la capa noun fa lou mouge. Tu es vraiment le ràvi de Nissa. Le bureau qui mounta-cala c’est un symbole. L’angoisse c’est que ça va durer trois ans. Ils vont sans arrêt inaugurer des trucs d’aqui d’aïa, ils se regarderont en chien de faïence et dès que l’un aura le dos tourné il dira du mal de l’autre. Ils vont se faire bisquer, prendre à témoin le journal du coin, passer à la télé et nous prendre pour des ensuqués.

Le Ficanas : – En réalité tu fais le mourré pour les trois ans qui viennent ?

Tante Jeanne : – Je ne fais pas le mourré, sian d’aqui. Je prévois, j’envisage, je suppute, je prépare mes concitoyens à la guerre totale entre le Cadam et la rue de l’Hôtel de ville. Et toi le gnocou, compte les points pour ton ouebe. Trois ans de résistance, trois ans d’angoisse, combien vont tomber pour monter sur le fauteuil ? Je vais te dire le neveu : s’ils commencent à faire les marioles, je me présente.

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Tante Jeanne et le trambalan.

Le Ficanas : – Bonjour ma tante, tu as supporté la chaleur cet été ?

Tante Jeanne : – Ne m’en parle pas. S’il n’y avait que la chaleur, mais dans une ville qui se transforme en gruyère comment veux-tu survivre ?

Le Ficanas : – En gruyère ?

Tante Jeanne : – Babatchou ! Tu n’as pas vu ? Il y a des trous partout. Victor-Hugo ça s’affaisse, rue de France ça se creuse ; l’autre jour je voulais aller avec Fine sur la Prom par la rue Honoré Sauvan, tu sais là où il y l’hôtel avec la façade de Sosno.

Le Ficanas : – Euh…

Tante Jeanne : – Mais oui la vieille en bronze coincée entre deux blocs de marbre, un sein à l’air !

Le Ficanas : – Ah oui, en bas de François-Grosso !

Tante Jeanne : – Propi ! J’allais pour traverser et hop ! Il se forme un trou ! J’ai eu le temps d’attraper Fine au vol, elle allait tomber dedans.

Le Ficanas : – Ils l’ont bouché depuis.

Tante Jeanne : – Porca misèria, où que tu ailles tu as des trous maintenant. Piha garda, tu traverses la rue et tu disparais !

Le Ficanas : – C’est les travaux du trambalan !

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Tante Jeanne : – Què trambalan ! De mon temps on ne creusait pas pour le faire passer. Là il rentre sous terre, on ne sait pas où, puis il ressort, comme ça, sans te prévenir à un autre endroit… Ils avaient besoin de le faire passer sous terre ? Ca doit rapporter : Coura ma pocha fa tin-tin, toute lou mounde es mon cousin, ma coura fa ta-ta li vèhi toui s’escapa.

Le Ficanas : – C’est possible. En attendant ce sera bien pratique.

Tante Jeanne : – Pratique, tu ne me verras jamais dedans ; je ne veux pas mourir sous terre, je veux mourir à l’air libre !

Le Ficanas : – Tu ne vas pas mourir dans le tramway !

Tante Jeanne : – Moi, non, toi babatchou comme tu es, peut-être. Et puis tu es allé au square Durandy ?

Le Ficanas : – C’est le batchas !

Tante Jeanne : – Avant il y avait un square devant la bibliothèque ; c’était joli. Puis ils ont fait un trou. Puis ils mis du béton pour boucher le trou…

Le Ficanas : – C’est la station du tram.

Tante Jeanne : – Attends ! Une fois qu’ils ont tout fini, ils ont pris des botchous et ils ont démoli tout ce qu’ils avaient fait !

Le Ficanas : – Il paraît que le béton n’était pas aux normes.

Tante Jeanne : – Que normes ! Ils ne savent pas faire les mélanges ? Tu vas chercher ta socca chez René, ou plutôt chez Pipo (elle est meilleure) ; si il ne mélange pas bien la farine de pois chiches et la bonne quantité d’eau, elle n’est pas mangeable !

Le Ficanas : – Tu ne la manges pas !

Tante Jeanne : – Non seulement tu ne la manges pas, mais en plus tu la jettes dans les cabechs et surtout tu ne la payes pas !

Le Ficanas : – Je ne vois pas le rapport !

Tante Jeanne : – Qui c’est qui a payé le béton de Durandy ? C’est nous ! Alors je ne veux pas m’embiler, mais puisque j’ai payé le toit de la station et qu’on le détruit parce qu’un ensuqué n’a pas fait le bon mélange, je veux que l’on me rembourse.

Sian béou. – Après on va dire que je rougne. Et bien c’est vrai.

Le Ficanas : – Tu as toujours rougné !

Tante Jeanne : – Normal. Et toi réagis un peu avec ton journal, ne fais pas le tavan d’or. Sinon va ti jeta en Palhon ! De toute façon le trambalan il va passer dessous ; peut-être qu’il te rattrapera au vol !

Cagades recueillies par Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Tante Jeanne fait son mea culpa.

Le Ficanas : – Bonjour ma tante, ça boulégue ?

Tante Jeanne : – Oh le neveu, sois un peu poli ou je te déshérite. Allez, fai-mi une baieta, il faut que je te parle.

Le Ficanas : – Oui ma tante, qu’est qui t’arrive ?

Tante Jeanne : – Je regarde les informations à la télévision et il n’y a que des morts depuis le début de l’année.

Le Ficanas : – Toi, tu as une forme olympique !

Tante Jeanne : – Fais pas le babatchou, ce n’est pas ça le problème ; ensuite ils passent leur temps à faire des hommages. Plus tu regardes la télé, plus tu vieillis…

Le Ficanas : – Eh bien ne regarde plus la télé !

Tante Jeanne : – Et tu veux que je fasse quoi le soir ? Je vais aller me promener dans les rues de Nissa, d’aqui d’aïa ? Il n’y a plus un chat dans les rues à part les cowboys et leurs gyrophares. Non, je regarde quand même la télé. Et là il me monte la boufaïsse.

Le Ficanas : – Sian béou, tu veux refaire la télé ?

Tante Jeanne : – Mais non, mais tous les soirs tu vois ceux qui nous ont cassé les pieds pendant des années et qui font la propagande pour leurs livres. Tous ces stassis ils nous font repentance… Le mea culpa généralisé. Ils regrettent, ils regrettent…

Le Ficanas : – Il faut bien qu’ils les vendent leurs bouquins.

Tante Jeanne : – Justement, je vais faire pareil. Je suis en train d’écrire « Jeanne fait son mea culpa ». Tourne vire, vire tourne, il n’y a pas que ces roumpé bala qui vont nous les casser !

Le Ficanas : – Ca te va bien de dire ça ! Et ce sera quoi tes « mea culpa » ? Ca va intéresser qui ?

Tante Jeanne : – Déjà toute la rue. Ils passent leur temps ces stassis à dire du mal de moi, en cachette, comme ça ils vont être passionnés par ce que je pense d’eux.

Le Ficanas : – Et tu vas faire amende honorable pour quoi ?

Tante Jeanne : – Exemple : en 39, 1939, j’ai loupé ma pissaladière. Je n’avais plus de pissalat alors j’ai mis de la crème d’anchois. J’avais invité Fine et son niocou du moment. Tellement niocou tous les deux qu’ils ne se sont rendus compte de rien. Alors je me repens.

Le Ficanas : – C’est tout ?

Tante Jeanne : – Attends ! Tu te souviens d’Honoré ? Eh bien il m’avait demandé ma main. Propi, tu m’aurais vu devenir l’épouse de ce pantaî ? Il est devenu adjoint au maire après…

Honoré Bailet

Le Ficanas : – Il est même devenu maire !

Tante Jeanne : – T’imagine la honte ? Moi avec un falabraque à la mairie. Là j’y ai échappé belle. Et ce n’est pas tout !

Le Ficanas : – Et là tu te repens aussi ?

Tante Jeanne : – Si tu veux. Je me repens de ne lui avoir pas dit plus tôt qu’il était un falabraque… Mais il y a mieux. Tu sais le président-président-député-maire ? Une fois je passe derrière la villa Masséna et il sort pour monter dans sa voiture avec ses gardes du corps. Je passe à ce moment là.

Le Ficanas : – Ils t’ont sauté dessus ?

Tante Jeanne : – Deux simèques et ça se serait arrêté. Non, le président-président-député-maire, il me tend la main pour me dire bonjour. Un réflexe de politique surement.

Le Ficanas : Et tu regrettes de lui avoir serré la main ?

Tante Jeanne : – Ah non ! J’ai retiré ma main et je lui ai dit « Casse toi pauvre con ! ».

Le Ficanas : – Et tu habites encore Nice après un coup pareil ?

Tante Jeanne : – Eh, le neveu, ne fais pas monter le Cristou ; je suis niçoise de parents niçois. Je ne suis pas une fille d’immigrés français. On ne me vire pas comme ça.

Le Ficanas : Immigrés italien, pas français.

Tante Jeanne : – Je vais te dire, moi je croyais lui faire plaisir au président-président-député-maire, c’est un langage courant dans son parti. L’exemple venait de haut, de celui à qui il doit tout. Ce n’était pas méchant…

Le Ficanas : – C’est vrai, il peut marcher ton bouquin. Tu en as d’autres comme ça ?

Tante Jeanne : – Dau bouon, tu ne t’imagines pas que je me contente de ça ? Tu te souviens en 2010 quand l’Estrosi il avait mis des panneaux sur les caméras en menaçant les gens de 3 ans de prison et 45.000€ d’amende si on les dégradait ?

Le Ficanas : – On avait fait un papier là-dessus parce que les gens avaient écrit « laissez-nous pisser tranquille »

Tante Jeanne : – Et bien j’y suis allée. Rassure toi je ne suis pas allée pisser sur la caméra, non, j’ai amené le chien et il en a fait au moins une dizaine. J’ai pris la photo et je l’ai postée sur le ouebe. Vu que le chapacan ça n’existe plus, il s’est régalé !

Le Ficanas : En réalité ta repentance, tes mea culpa, n’existent pas. Tu veux seulement que l’on te considère comme une marida lenga et tu n’as aucune contrition, pas comme Sarkozy ou Copé.

Tante Jeanne : – T’es un niocou mon neveu ; tu crois qu’ils se repentissent encore de quelque chose ? Mais non, ils essayent de récupérer les miettes d’une gloire passée pour mieux rebondir. N’oublie jamais que cadun es couma li sieu acioun lou fan marit couma la rougna, o bouon couma lou pan*.

Propos recueillis par Christian Gallo pour Ressources – © Le Ficanas ®

 

* Chacun est comme ses actions le font : mauvais comme la gale ou bon comme le pain.

Tante Jeanne a vu un migrant.

Luce : – Oh mais qu’est-ce qui vous arrive ? Vous êtes toute pâlotte.

Tante Jeanne : – Ma pauvre, je suis toute estransouillée. Si vous saviez ! Je peux m’asseoir un moment ?

Luce : – Mais bien sûr, entrez. Je ne pensais pas vous voir avant dimanche à la cathédrale.

Tante Jeanne  : – Je sais, mais vous étiez la plus proche, alors je suis venue chez vous. Si vous saviez !

Luce : – Dites-moi. Vous voulez un verre d’eau ?

Tante Jeanne : – Ce n’est pas de refus, j’ai le café qui ne passe pas. Justement tout cela c’est à cause du café.

Luce : – Comment cela, il était mauvais ? Où l’avez-vous bu votre café ?

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Tante Jeanne  : – A côté, dans la brasserie, sur l’avenue. Mais non, ce n’est pas le café, c’est le serveur.

Luce : – Le serveur ? Il vous a…

Tante Jeanne  : – Mais non, mais ils ont engagé un serveur noir.

Luce : – C’est partout pareil maintenant. Il y en a partout. Et il a été grossier avec vous ? Des gestes déplacés ?

Tante Jeanne  : – Pas du tout, poli, très convenable. Ce n’est pas là le problème. A un moment rentre un client, il hèle le serveur et lui dit « Salut le migrant, tu me fais un demi vite fait ? »

Luce : – « Le migrant », mais c’est quoi çà ?

Tante Jeanne  : – Eh oui. Il y en a 471 pour toute la région, il y en a un qui me tombe dessus…

Luce : – Mais migrant, migrant ? Comme ceux qui on traversé la Méditerranée ?

Tante Jeanne  : – Exact. Et en plus celui là il travaille, il s’intègre !

Luce : – Ca y est, c’est l’invasion ! Ca je m’y attendais. Et en plus, sur l’avenue.

Tante Jeanne  : – Alors, j’ai pas voulu paraître ; on ne sait jamais s’il deviennent plus nombreux. J’ai donc fait semblant d’être intéressée « Alors vous êtes un migrant ? »

Luce : – Et il vous a répondu ?

Tante Jeanne  : – Oui, bien sûr : « Je suis en France depuis six mois ; mais là ça va, j’ai trouvé un travail ».

Luce : – Après tu te dis qu’il y a du chômage ; tu m’étonnes. Si on donne du travail aux migrants en plus !

Tante Jeanne  : – Vous me connaissez, je suis très consensuelle…

Luce : – Ca c’est vrai, pour les réunions de copropriétés vous arrivez toujours à mettre tout le monde d’accord.

Tante Jeanne  : – Alors j’ai continué « Ca doit vous changer la France. Il doit vous manquer les cabanes et les feux sur la plage ? » Vous n’imaginez pas la réponse.

Luce : – Il n’avait même pas de cabane ?

Tante Jeanne  : – Pire « J’ai toujours habité en appartement comme ici. Vous savez je venais de finir la fac quand je suis parti. Je suis ingénieur de haut niveau avec une double compétence technique et managériale. » Puis après un silence « l’équivalent des Ponts et Chaussées en France ».

Luce : – Et vous avez fait quoi ?

Tante Jeanne  : – D’abord je suis restée la bouche ouverte. J’ai rien compris à son histoire de ponts et de chaussées.

Luce : – Ce doit être un titre pour paraître. En fait il doit boucher les ornières sur les routes…

Tante Jeanne  : – Je ne pense pas. Mais bref, je suis partie et j’ai laissé dix centimes de plus de pourboire.

Luce : – Il vous a émue ?

Fine : – Ah non, c’est pas ça. Mais si vous ne le faite pas vous allez passer pour raciste ou xénophobe. Maintenant pour boire le café, je ne sais plus où aller.

Tante Jeanne  : – Allez en bas, chez Antoine. Il est membre du… Vous voyez ce que je veux dire ?

Fine : – Ah, il est copain avec Philippe V. alors ?

Tante Jeanne  : – He oui ! Ca rassure hein ? Allez je vous sers un petit cognac français, vous allez vous en remettre avec ça. Et puis, ne vous inquiétez pas : « On les aura » !

Cagades recueillis par Christian Gallo pour Ressources – © Le Ficanas ®

Ca y est ! Tante Jeanne vote !

Le Ficanas : – Bonjour ma tante.

Tante Jeanne : – Vè le babatchou ; comment il se porte le neveu ?

Le Ficanas : – Il va, mais débordé. Avec tous ces bouleversements politiques et les présidentielles, je suis submergé.

Tante Jeanne : – Fai-mi une baieta. Moi aussi je suis débordée. Je me prépare pour les primaires.

Le Ficanas : – La droite ou la gauche ?

Tante Jeanne : – La droite d’abord, pour la gauche on verra plus tard.

Le Ficanas : – Ah ! Et tu vas voter pour qui ?

Tante Jeanne : – Je t’explique : je ne veux pas du babi comme président ; tu sais « le petit agité du bocal qui s’excite avec ses petits poings serrés » ?

Le Ficanas : – Mais dans le département ils vont tous voter pour lui ? Tu seras la seule !

Tante Jeanne : – M’en bati, si il n’y en a qu’une je serais celle-là ! 30 ans que je m’oppose à l’Estrosi, ce n’est pas « le petit agité du bocal qui s’excite avec ses petits poings serrés » qui va me faire peur ! Donc je vais voter aux primaires pour qu’il ne soit pas candidat.

Le Ficanas : – Et tu sais pour qui tu vas voter ?

Tante Jeanne : – Non. Mais je sais que j’en ai une stoufia de ces candidats. Déjà j’élimine le bordelais.

Le Ficanas : – Il t’a fait quoi ?

Tante Jeanne : – Et toi niçois tu me demandes ça ? D’abord il boit du château n’importe quoi alors qu’il pourrait boire du Bellet ! Mais il y a pire : c’est lui qui nous a viré le Jacou de Nissa ; ça je ne lui pardonne pas.

Le Ficanas : – Mais Médecin c’était aussi un escroc !

Tante Jeanne : – Basta ! Moi je me portais bien en ce temps-là, mieux qu’aujourd’hui !

Le Ficanas : – Normal tu avais 30 ans de moins !

Tante Jeanne : – Ah ne me fais pas monter le Cristou ! Je ne vote pas pour « le petit agité du bocal qui s’excite avec ses petits poings serrés » et je ne vote pas pour le bordelais.

Le Ficanas : Tu as Bruno Le Maire.

Tante Jeanne : – Quand on porte un nom pareil, on reste maire, on ne va pas emboucaner tout le pays.

Le Ficanas : – Tu as Fillon ?

Tante Jeanne : – Ah ! le balin-balan. Un coup je suis fidèle au babi, un coup je me présente contre lui…

Le Ficanas : – Tu en as d’autres !

Tante Jeanne : – Ils ne me plaisent pas. Mon problème c’est l’Estrosi ; pourquoi il ne s’est pas présenté ?

Le Ficanas : – A cause de toi ! Tu passes ton temps à dire du mal de lui à tout le monde dans la rue. Il a du se dire, elle va me gâcher la campagne si je me présente.

Tante Jeanne : – Que babatchou. Moi c’était mon ambition. Il se présentait, il était élu président et moi je passais du statut d’opposante locale à opposante nationale ; t’imagines ? J’aurais eu toutes les télés à ma poursuite pour avoir mon avis et j’aurais pu dire du mal au niveau national et international. La gloire, mon neveu, la gloire ! On m’aurait retrouvée sur ton dictionnaire du ouébe.

Le Ficanas : – Wikipedia ?

Tante Jeanne : – Si tu veux. Tu vois l’Estrosi n’a qu’une seule ambition : m’altérer la vie !

Le Ficanas – Tu es déjà sur « Ressources », c’est bien non ?

Tante Jeanne : – Ca c’est vrai, mais tu sais le développement durable, à mon âge, c’est de durer, moi.

Le Ficanas : – Mais s’il devient ministre l’Estrosi, tu pourras t’exprimer !

Tante Jeanne : – Porca misèria, c’est vrai. C’est dramatique pour le pays, mais c’est bien pour moi.

Le Ficanas : – Alors pour qu’il soit ministre, tu dois voter pour « le petit agité du bocal qui s’excite avec ses petits poings serrés ».

Tante Jeanne : – Propi, tu es vraiment un roumpé bala avec tes raisonnements vicieux. Ben djugat, tu viens de me massacrer la journée.

Le Ficanas : – Dis tu me raconteras quand tu iras aux primaires de la gauche, hein ?

Tante Jeanne : – Dehors le neveu ! Tu es bien comme tous ces journalistes, des ficanas. Des maridas lengas qui sèment le doute chez les petits vieux !

Cagades recueillis par Christian Gallo pour Ressources – © Le Ficanas ®